Le Whiplash

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  • 16 janvier 2026

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343 AC

Le pilier de lumière n’est plus qu’à quelques encablures de nous. Une journée, tout au plus, à vol d’oiseau. Il s’élève vers les cieux et semble lacérer le firmament, cerclé d’effluves moirées là où il ionise l’atmosphère. Si proche, et pourtant… Entre l’armada et la colonne d’énergie se dresse un obstacle terrible : une tornade cyclonique au vortex évasé, dont les vents tourbillonnants cisaillent l’air dans un sens à plus de cinq cents kilomètres par heure. Lorsque nous avons envoyé nos drones, ils ont été étripés par une seconde tornade, enchâssée dans la première comme une poupée russe, et animée de vents contraires. Un double entonnoir qui agit comme une meule. Toutes nos sondes ont été disloquées, comme si elles avaient fini dans un broyeur… et notre flotte connaîtra le même sort si nous ne trouvons pas de solution. Aucun de nos bâtiments n’a la capacité de résister à des forces aussi colossales.

J’ai demandé à nos savants et à nos scientifiques de plancher sur le problème, mais ils ont pour l’instant fait chou blanc. Passer par en dessous est impossible : cela exposerait nos vaisseaux à des vents de Tumulte d’une magnitude jamais observée jusqu’ici. Passer par le dessus semble tout aussi compromis, car c’est là que les vents sont les plus puissants. Un cyclone à double entonnoir, défiant en apparence les lois naturelles. Plus je l’observe, plus je me dis que cette barrière a été dressée intentionnellement, comme une mesure de protection. Mais contre qui ? Contre quoi ? Et si elle est artificielle, que protèg—

On frappe soudain à ma porte, et je pose mon stylo dans l’emplacement prévu à cet effet. Je me redresse légèrement tout en reboutonnant mon col.

"Entrez", dis-je lorsque je suis enfin prête.

Le major Dimuri ouvre la porte de ma cabine et se met au garde-à-vous sur le seuil.

"Amirale, il y a ici une personne qui souhaite vous parler. C’est à propos du Whiplash."

J’étrécis les yeux pour distinguer la silhouette qui se tient derrière lui, dans la pénombre.

"Eh bien, faites-la entrer."