
Ordis

Lore
16 février 2024
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Philosophie
Les effluves de Mana qui se lèvent sur le monde sont l'incarnation par excellence du chaos ; une source de trouble et de discorde qui continuera de harasser l'humanité, et toute la Création, tant qu'elle sera autorisée à exister. Pour la faire reculer — et peut-être à terme la bannir, comme certains le préconisent — le monde a besoin de structure et d'organisation, et c'est ce que l'Ordis cherche à mettre en place. L'Ordis s'érige en champion de l'ordre : pour ses membres, chaque chose doit avoir la place et le rôle qui lui sont adaptés ; chaque être doit constituer un maillon essentiel d'un ensemble homogène et performant, tout en s'épanouissant dans cette fonction. De la même façon, pour que le monde retrouve sa stabilité et son unité d'antan, il doit de nouveau être régi par des lois physiques immuables, sans craindre l'inconstance permanente du Tumulte. Pour que la nature retrouve sa cohésion d'autrefois, elle doit redevenir la gracieuse mélodie qu'elle était.
Pour y parvenir, l'Ordis doit bâtir une société qui exprime toutes ces valeurs de pérennité et d'équité. La Faction sait que c'est à travers elle et ses Altérateurs que la Création pourra retrouver son équilibre. Pour que cet idéal puisse voir le jour, l'Ordis concentre ses efforts sur la notion de justice, qu'elle soit purement judiciaire ou sociale. La justice est pour l'Ordis le socle à partir duquel la société humaine doit être rebâtie, et pour constituer une base solide, elle doit se montrer inébranlable dans son impartialité. La charpente de l'édifice social doit, pour solidifier toute la structure, être elle aussi inflexible et résiliente. C'est pourquoi l'Ordis prend un soin tout particulier à élaborer et entretenir son corpus de lois, le Codex. Pour autant, l'Ordis, influencé par les préceptes Lyra, sait que cet ordre se doit d'évoluer sans cesse et de s'adapter, comme un roseau peut se courber pour endurer l'ouragan.
Mais tout cela serait vain sans le travail de mémoire pour lequel milite l'Ordis. En effet, c'est par la connaissance du passé que se renforcent les sociétés du présent ; c'est en reconnaissant leurs erreurs que les structures humaines se consolident et se fortifient. C'est pourquoi, en plus des chefs d'orchestre, architectes et magistrats que compte la Faction, de nombreux historiens et philosophes y siègent également. En étudiant les événements et les tendances, les chroniqueurs Ordis arrivent à entrevoir et comprendre comment troubles et conflits ont vu le jour, par quelles turpitudes Asgartha a dû passer pour en arriver là, dans le but de ne pas reproduire les erreurs du passé. En poussant toujours plus loin leurs recherches, ils commencent même à pressentir la cause possible de la Confluence. Il n'est pas inconcevable que l'humanité et ses imperfections soient à l'origine de ce cataclysme, et l'Ordis fera tout pour préserver le monde d'une nouvelle calamité.
Organisation
La hiérarchie de l'Ordis est rigide et pyramidale, parfaitement structurée. À sa tête trône la Tétrarchie, un conseil restreint rassemblant trois dignitaires de la Faction, auquel s'ajoute un représentant du peuple, appelé pour quatre années quelle que soit son origine sociale. Ensemble, ils déterminent les grandes orientations du quadriennat à venir : les grands chantiers politiques, sociétaux ou économiques à définir, les actions ou enjeux à mener ou à résoudre. Toutes ces préconisations passent ensuite par le vote populaire, qui les invalide ou les concrétise en décrets officiels.
Mais avant d'être proposées en délibération, ces recommandations passent par tout un processus d'études, d'analyses et de réflexions. Divers cabinets se penchent sur ces questions, du clerc au légat, en passant par tout un cortège de fonctionnaires. Cette bureaucratie tentaculaire fait de cette Faction un colosse d'une lenteur parfois exécrable, mais elle reflète la volonté de l'Ordis de peser le pour et le contre dans l'optique de prendre la bonne décision quant à une problématique donnée. Une fois cette approche prudente dépassée, force est de constater que la Faction devient un rouleau compresseur d'une efficacité incontestable. Pour autant, elle compense cette relative pesanteur par la présence d'un réseau étendu d'informateurs. En compilant les rapports que ces derniers envoient, l'Ordis est capable d'anticiper de nombreux troubles et tensions des années à l'avance, et de les désamorcer de la meilleure manière possible.
Style d'Altération : le Heka
Le style d'Altération de l'Ordis, connu sous le nom de Heka, est une discipline bien particulière qui prend appui sur l'évocation de concepts par le biais du verbe écrit. Les Altérateurs de la Faction, les Scribes, parviennent à réécrire les lois de la nature, que ce soit de façon temporaire ou permanente. Pour ce faire, ils font usage de Glyphes, qu'ils apposent sur le monde pour le manipuler à leur guise. Ce qu'ils écrivent prend vie, car pour eux, les mots et le langage contiennent l'idée même du concept qu'ils représentent.
Rites et initiation
Lors de leur incorporation au sein de l'Ordis, ses adeptes se font tatouer un Glyphe spécifique, un petit losange qui rappelle le Monolithe. Par l'apposition permanente de ce symbole, ils affirment leur appartenance à la Faction et proclament que leur individualité s'efface au profit de la collectivité, que leurs intérêts personnels ne supplanteront jamais ceux de son organisation tutélaire. Avant de se voir octroyer cet honneur, les aspirants doivent faire preuve de diligence et d'efficacité, d'intégrité et de loyauté. Ce n'est qu'après une longue initiation, faite d'examens et d'intenses périodes de noviciat, qu'ils peuvent prétendre à entrer dans la Faction.
Mais ce Glyphe a une autre fonction bien plus utilitaire : par son entremise, les adeptes de l'Ordis peuvent lier leurs esprits, que ce soit pour converser ou voir à travers les yeux d'un autre, même si cette jonction est limitée par la distance. Bien entendu, il est nécessaire que les esprits ainsi liés autorisent cette connexion, pour qu'elle ne soit pas vécue comme une intrusion. Pour autant, l'Ordis a tendance à aisément sacrifier cette perte d'individualité au profit des nombreux avantages offerts par cette mise en commun de leurs consciences, qu'ils nomment la Coalescence. Le réseau ainsi façonné s'appelle le Gestalt, un espace qui est plus que la somme de ses parties : le savoir y est accessible en permanence, et l'échange d'informations y atteint une vélocité imparable. Par ailleurs, la mise en commun des esprits permet aux Altérateurs de déployer des capacités d'Altération qu'un seul individu aurait bien du mal à mettre en œuvre.
Par le biais de la Coalescence, les adeptes de l'Ordis sont perpétuellement en lien avec les autres, et peu souffrent donc de solitude. En plus des perceptions et des connaissances, ils peuvent transmettre des émotions, que ce soit pour rassurer ou épauler, encourager ou apaiser. Mais en conséquence, être coupé du Gestalt constitue une déchirure terrible, doublée d'un sentiment de manque exacerbé...
Lieux emblématiques
Le Sanctum
Occupant la partie supérieure du Monolithe — la blanche bipyramide qui sert de Bastion à l'Ordis — le Sanctum est une bibliothèque labyrinthique accueillant toute la connaissance du monde. Il n'est pas rare de se perdre dans cet édifice constitué d'estrades et de plates-formes enchevêtrées, reliées par un dédale de corridors, de passages secrets, d'escaliers, de soupiraux et d'alcôves. Au sein de cette complexe ziggurat s'alignent des milliers de rayonnages allant du sol au plafond, abritant eux-mêmes d'innombrables quantités de livres, grimoires, parchemins, rouleaux et recueils. Pour les entretenir, une cohorte d'archivistes s'affaire en permanence à les classer, à les entretenir, à les consulter. Dans les scriptoriums, des copistes se chargent de consigner de nouvelles découvertes, de récents récits sur le papier ou le vélin, dans un silence presque religieux. Dans les halls voûtés dédiés à la consultation, des bancs sont mis à la disposition des visiteurs pour qu'ils puissent parcourir les pages des ouvrages qu'ils ont demandés, tandis que des bibliothécaires explorent celles de leurs registres et index. Depuis quelques années, les Axiom ont fait installer des presses alimentées au Kélon dans certaines salles isolées afin de faciliter le travail des scribes, même si une partie d'entre eux pestent contre le ronronnement de ces machines qui viennent troubler la quiétude solennelle des lieux. D'ailleurs, la technologie vient de plus en plus investir le Sanctum : les lanternes au Kélon remplacent petit à petit la lueur des bougies ; un complexe mobile composé de miroirs aux mille facettes redistribue la lumière de l'extérieur vers les zones obscures, se mouvant en fonction de l'heure pour s'adapter à la course du Soleil ; de petits automates montent et descendent le long des étagères pour permettre aux archivistes d'accéder aux livres haut perchés sans recourir à des échelles ou des chariots élévateurs. Le Sanctum, en définitive, est tel que l'Ordis l'a voulu : un monument grandiose célébrant le savoir et la connaissance, un phare qui éclaire l'humanité de la lumière de la sagesse.
La Fourmilière
La partie inférieure du Monolithe se nomme la Fourmilière, et à juste titre tant elle grouille de vie. C'est là, au sein d'une myriade de cabinets et d'officines situées sur tout son pourtour, que se façonnent les lois et les édits. On peut facilement y contempler toute l'étendue d'Asgartha et la mer qui encercle la péninsule. On peut aussi y observer les rues bondées d'Arkaster, loin en contrebas, ses marchés, ses zones portuaires. Mais les clercs et autres greffiers qui y évoluent prennent malheureusement rarement le temps de le faire. Ils vont et viennent de bureaux en guichets, de comptoirs en succursales, transportant des messages, des documents, des arrêtés, des ordonnances à faire signer ou des décrets à faire entériner. Tout en bas de la bipyramide, le long de coursives suspendues au-dessus du vide, certains se pressent dans le majestueux Oratorium, où des rhéteurs déclament, haranguent ou scandent, alors qu'en-dessous, au-delà de la verrière en pyramide inversée, les Asgarthi vont et viennent à leur activités quotidiennes. Dans les étages supérieurs, l'Assemblée débat sans relâche entre les colonnades de marbre et les bancs de son somptueux amphithéâtre, tandis que le Grand Chancelier arbitre les délibérations depuis son pupitre. Encore plus haut siège le Tribunal, l'organe chargé de dispenser la justice. Dans ce vaste hall, ceux qui ont fauté sont jugés, écoutent les verdicts, entendent leur sentence, sous le regard impartial des Eidolons.
Mandjet et Mesektet
Ces deux vaisseaux grandioses au profil acéré — respectivement la Barque de Jour et la Barque de Nuit – écumaient le Protectorat Asgarthi pour protéger la péninsule des flux de Tumulte et des créatures qui chevauchent parfois ses courants. Il n'était pas rare de voir leur silhouette, effilée comme une flèche, percer les nuages et projeter leur ombre sur les paysages en contrebas. Car ces navires amiraux patrouillaient les cieux presque en permanence, avec à leur bord des Altérateurs repoussant le Tumulte et des contingents armés parés à intervenir au moindre trouble venant de l'extérieur. Ces troupes d'élites, les Tagmata, représentaient la première ligne de défense contre les abominations qui posaient parfois le pied en Asgartha, menaçant les communautés humaines ou les autres espèces qui y vivaient. Malheureusement, les deux navires ont subi de terribles avaries lors de la dernière intrusion de Cingula, un farouche Léviathan qui harcèle régulièrement la péninsule. Mais si Mesektet s'est abîmée au sein du Tumulte et doit encore être retrouvée, Mandjet est en cours de réparation dans les chantiers navals de la ville de Sadracca, afin d'être prête à se joindre à l'Effort de Redécouverte.
Objectifs actuels
Le Gestalt
Alors que certains d'entre eux s'apprêtent à accompagner les Corps expéditionnaires, les adeptes de l'Ordis travaillent aux côtés des Yzmir et de l'Axiom à la fabrication des Espars, des balises qui permettront aux Altérateurs Ordis de continuer à communiquer à travers le Gestalt avec leurs homologues restés en Asgartha. Ces antennes sont des prérequis essentiels au lancement de l'expédition, pour que les Corps puissent transmettre leurs découvertes et de potentielles demandes d'assistance. Pour les nombreux explorateurs, le maintien de cette liaison permettra aussi de converser indirectement avec leurs proches et d'alléger un tant soit peu l'isolement qui ne manquera pas de peser sur leur moral.
Les civilisations antiques
L'Ordis coordonne avec les Yzmir les efforts de recherche concernant les causes de la Confluence. Si les Initiés se concentrent sur les phénomènes magiques qui auraient fragilisé le tissu de la réalité, l'Ordis se focalise avant tout sur l'étude des civilisations passées, et dont les actions auraient pu mener au cataclysme. L'examen des vestiges, des reliques et des mœurs des temps anciens a offert à l'Ordis une vision encore imparfaite de la grandeur passée de l'humanité, mais certaines certitudes ont commencé à s'affirmer au sein de cette fresque encore sibylline. Ses adeptes savent que de nombreuses contrées et nations mythiques ont existé avant d'être effacées par le Tumulte, et que certaines auraient rayonné jusqu'aux quatre coins de la Création. Ces éclairages attisent les spéculations les plus folles, et nourrissent l'espoir de l'Ordis de bâtir une humanité unifiée sous une même bannière.