Amahle, Paria Asgarthi

L'ancien monde se meurt et le nouveau monde peine à naître : voici venir l'âge des monstres.

Histoire


Je me faufile discrètement sur le pont pour ne pas être vue par les Vénérables. Ils se sont isolés, donnant l'ordre exprès de ne pas être dérangés. J'étouffe une exclamation en voyant qu'ils invoquent Amahle, le Paria, le Désavoué. Je reste immobile, allongée sur une poutre. Et même si je n'entends pas tous les mots prononcés, j'en distingue quelques-uns qui me font froid dans le dos. Mensonge, rébellion, vérité, défiance... En temps normal, nul ne serait en droit de l'invoquer sans l'aval d'une Matriarche, mais ça fait bien longtemps que la nôtre a quitté l'enceinte de l'Ouroboros, suite à notre excommunication. Que manigancent-ils donc ? Qu'ont-ils à gagner en l'incarnant de la sorte, en secret ? Toutes les connaissances autour de cet Eidolon avaient été placées sous scellés, pour que personne ne puisse l'appeler aisément. Mais mon grand-père avait été Berger de notre Sarabande, et de ce fait, avait eu accès à ce savoir.

Et même si ce n'était pas sage, il m'avait raconté son histoire, ou en tout cas quelques bribes de ses méfaits. Amahle Kalu, le Faux Prophète... Il avait embrigadé une partie des clans pour qu'ils se retournent contre l'autorité de la capitale. Mais ce que l'histoire passait sous silence, c'est que sous ce vernis de dispute territoriale, le véritable but de Kalu était de libérer l'humanité de l'influence des Eidolons. Heureusement, il avait été stoppé. Sa présence ici n'augure rien de bon. Est-il le dépositaire d'informations vis-à-vis des Exilés ? En contrebas, l'entrevue est en train de se terminer. Je me risque à un discret coup d'œil, juste à temps pour voir l'Eidolon disparaître comme une brume sombre. Puis les vénérables quittent un à un la pièce, me laissant seule, coincée sur la charpente. Je ne parviens pas à empêcher mon cœur de battre la chamade. Devrais-je en parler à Esme ?

Narré par


FEN

Date


388 AC